2 avril 2012

American Pie 4


Bien qu'ayant annoncé en fin de mon premier Cinéblabla que je ne ferai pas de critique d'American Pie 4, sous le prétexte pédant et stupide que j'avais "quand même un semblant de ligne éditoriale", je ne peux finalement m'empêcher d'écrire quelques mots sur le véritable quatrième volet de l'une des sagas les plus "cradingue" et frappadingue du cinéma américain populaire moderne (que personne ne me parle des épisodes direct-to-video, rediffusés en boucle sur NRJ12, ou je fais un massacre...). Et puis je ne vais pas commencer à émettre des vents plus haut que mon fondement, au bout de quatre articles seulement (je garde ça pour le moment où j'aurai 100 000 visites par jour et d'énormes pubs Hunger Games me rapportant plein d'oseille à la place de ma superbe image de fond Les Dents de la mer) ! Au diable la discrimination culturelle bien pensante, au diable l'intellectualisme élitiste auto-branlant ! On est sur Kick-Ass Movies, ici, pas dans les Cahiers du Cinéma ! Et les innombrables barres de rire, ainsi que la bonne humeur extrêmement contagieuse offertes par cet American Pie 4, sont comme un bon gros coup de pied au cul de tout ce cynisme ambiant ! Et dire que j'ai manqué de peu (erreur de débutant bien pardonnable) de me retrouver du mauvais côté de ce dangereux low kick !

"Hum... Kick-Ass Movies ? C'est pas ce à quoi je m'attendais, mais ça fera l'affaire !"

La première chose à dire sur American Pie 4, c'est que si vous n'avez pas vu les précédents films de la série (ou au moins l'original), celui-ci perdra tout simplement la moitié de son intérêt. Et si, à l'inverse, vous avez vu et détesté l'un ou l'ensemble des trois autres films de la franchise (je vous l'ai déjà dit, qu'on ne me parle pas des daubes infâmes mettant en scène le frère, le cousin, le neveu ou le chien de Stifler !), ce n'est certainement pas ce quatrième opus qui vous fera changer d'avis. Est-ce que cela veut dire qu'American Pie 4 est raté, car n'arrivant pas à renouveler un vieux concept poussiéreux et à élargir de la sorte son public, ce à quoi devrait tendre tout bon divertissement qui se respecte ? Bien au contraire ! À une époque où les suites retardataires et les remakes se multiplient et déçoivent en majeure partie les fans de la première heure, qui n'y retrouvent pas vraiment l'état d'esprit et l'ambiance uniques d'autrefois, il est alors plus qu'agréable de voir un film restant totalement fidèle à son matériau de base, tout en enrichissant celui-ci d'un nouveau discours et, cerise sur le gâteau, nous donnant l'occasion tellement satisfaisante de "boucler la boucle", grâce à un regard sur le passé aussi bien pensé que savamment orchestré. En ce sens, la comédie réalisée par Jon Hurwitz et Hayden Schlossberg s'inscrit parfaitement dans la continuité de l'excellent troisième volet et sonne, par de fréquents clins d’œil, comme un vibrant hommage à la série toute entière, avec une préférence évidente et logique pour son célèbre commencement. Les références aux vieux délires et méfaits de l'ancienne bande d'ados puceaux (Jim, Oz, Kevin, Finch et l'inoubliable Stifler) sont en effet très nombreuses et donnent régulièrement lieu à des passages hilarants, dont certains où la complicité affichée avec un spectateur déjà conquis atteint alors les sommets du fan service (terme ici employé sans aucune connotation négative). On retiendra ainsi, vers la fin du film, une scène (déjà culte) à la vision de laquelle les connaisseurs se tordront littéralement de rire sur leurs sièges, là où les novices ne verront peut-être qu'un énième gag parmi la bonne centaine d'autres que distribue généreusement le long-métrage, durant presque deux heures. 

"Ha ha ha ! Qu'est-ce qu'on se marre ! Trop fendard, ce blog !"

Dans le même ordre d'idée, American Pie 4 joue à fond la carte de la connivence avouée avec un public dévoué, non seulement d'un point de vue comique, mais aussi sur un niveau émotionnel : Tout comme les acteurs et leurs personnages, nous avons également (et malheureusement...) pris de l'âge depuis la sortie d'American Pie premier du nom (en 1999, ça fait 13 ans !). Et pour ceux qui, tel que moi, étaient alors aussi boutonneux et vierges que Jim et ses potes dans le temps, le rapprochement entre leur évolution et la nôtre est forcément immédiat, malgré quelques éventuelles années d'écart (je suis quand même bien plus jeune et bogosse qu'eux). Les préoccupations du groupe d'ex-puceaux ont ainsi bien changé et font judicieusement écho à celles que l'on pourrait nous-mêmes aujourd'hui éprouver. Résultat : Comment ne pas être touché par les problèmes de couple de Jim, par les désillusions de Finch, ou par les trois différentes sortes de nostalgie ressenties par Oz (l'envie de retrouver celui qu'on est vraiment), Kevin (l'envie de fuir dans le passé un quotidien trop présent) et le formidable Stifler (l'envie de continuer à faire la fête pour l'éternité !), alors que nous sommes nous-mêmes à une période charnière de notre vie, où ne pouvons éviter de regarder en arrière pour ensuite essayer de mieux avancer ? D'ailleurs, autre élément probant de fan service bien maîtrisé, il est étonnamment plaisant de voir que, en plus de retrouver tout le casting d'origine au grand complet, chacun d'entre eux a ici droit à sa propre petite histoire, personne n'étant vraiment laissé de côté. Mieux encore, certains personnages secondaires hautement charismatiques, "le père de Jim" et "la maman de Stifler", ont enfin les honneurs d'un traitement plus poussé, et mêmes quelques surprenants et désopilants moments de gloire ! Bien sûr, Jim et le grandiose Stifler (véritable personnage principal de la saga !) conservent un temps de parole toujours plus important que leurs camarades, mais nous évitions de la sorte certaines lourdeurs des deux premiers métrages (les niaiseries de Vicky et Heather), sans aller jusqu'à la coupe radicale du troisième (un Oz aux abonnés absent et un Kevin "tapisserie", faisant uniquement acte de présence...). Le parfait équilibre, en somme !

L'énorme Stifler à la place qui lui revient de droit ! (Pas comme sur l'affiche...)

Pour conclure, précisons que le film possède un rythme d'enfer, qu'on explose de rire toutes les deux minutes (à part si l'on fait évidemment une grosse allergie à l'humour cru, tendance porno-scatologique) et qu'on ressort avec un sourire d'abruti à la Stifler jusqu'au aux oreilles, en essayant de se remémorer encore et encore les passages les plus tordants (chose quasi-impossible, tant ils sont légion). Disons-le simplement : on tient là ni plus ni moins que le meilleur volet de la série ! Et ceci pour une seule raison : American Pie 4 est indéniablement, incontestablement et indiscutablement, un vrai film de fans, pour les fans ! La formulation peut sembler un peu incongrue pour tous ceux qui relègueront à jamais la comédie (et la comédie "cradingue", qui plus est) au rang de genre cinématographique uniquement mineur, mais c'est ici la stricte vérité. Et si tous les réalisateurs qui nous assurent continuellement être dans la même démarche en adaptant ou reprenant telle ou telle fameuse licence, le faisaient réellement avec autant de respect, d'humilité, de bon sens et de plaisir partagé que ceux de cette "petite" comédie, je serais bien moins souvent écœuré et désabusé en sortant de mon cinéma préféré (et mon âme n'aurait peut-être jamais été souillée par l'horrible Dragonball Evolution)... Sinon, c'était bien sympa de voir les acteurs du film en chair et en os à l'avant-première (Jason Biggs, Chris Klein, Eugene Levy et Jennifer Coolidge, soit les interprètes de Jim, Oz, "le père de Jim" et "la maman de Stfiler"), même si ce n'était que quelques minutes et que Seann William Scott (Stifler) manquait malheureusement à l'appel... Oui, j'adore Stifler ! Et sa fantastique et délirante prestation dans ce quatrième American Pie, combinée aux nombreuses qualités que je viens d'énoncer, me poussent à crier haut et fort, en me promettant intérieurement de ne plus jamais avoir honte d'aimer ce style de films comiques (pas si) décérébrés  :  IT'S A KICK-ASS MOVIE, BABY !

"Un bon conseil, fils : écoute bien ce que dit Deuz, sur Kick-Ass Movies. Lui, il a tout compris !"

Titre original : American Reunion
Réalisé par : Jon Hurwitz et Hayden Schlossberg
Date de sortie française : 2 mai 2012







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