28 mai 2012

Cosmopolis


Eric Packer est jeune, beau et riche à en crever, mais quelqu'un cherche justement à le tuer. Eric Packer est un génie qui a révolutionné le monde de la finance en ressentant et analysant les moindres fluctuations du marché à un niveau infinitésimal et vertigineux, mais le marché est justement en train de s'effondrer. Eric Packer pue le sexe à longueur de journée, mais sa fortunée épouse refrène justement ses ardeurs incontrôlées. Eric Packer veut se faire couper les cheveux à l'autre bout de la ville, mais celle-ci est justement envahie par un chaos tonitruant marquant la fin du capitalisme et de ses débordements. Eric Packer est complètement déphasé, coupé du monde et submergé par une pulsion de mort autodestructrice prête à exploser, mais c'est justement l'unique personne qui voit, comprend et mesure la société dans son étourdissante intégralité. Eric Packer est la logique implacable apposée comme unique prisme à notre triste réalité, mais la plus extrême des logiques n'est justement rien d'autre que la plus pure et insaisissable absurdité.

"I am the king of the world !"

Cosmopolis est le genre de film que j'aurais pu totalement détesté. Ultra-verbeux, lent, poseur et assez froid, le dernier bébé de Cronenberg ressemble en effet, de prime abord, à l'un de ces innombrables films d'auteurs pseudo-intellectuels gangrénés par un esprit littéraire surchargé et emballés dans une narration volontairement et artificiellement hermétique, selon l'adage stupide du "si tu ne comprends pas, c'est sûrement parce que c'est trop intelligent pour toi et donc foncièrement génial en soi". Mais là où Cosmopolis s'éloigne de la pléthore de bouses nombrilistes s'attardant sur des faits divers dramatiquement anodins avec une fausse pudeur sensée retenir nos larmes et faire pleurer notre cerveau paradoxalement formaté dans sa conception-même de ce qu'il pense être non-formaté, c'est en ne tombant pas dans la stupidité d'une moralité exacerbée et en ne jouant pas au gentil professeur alter-mondialiste voulant à tout prix nous ouvrir les yeux sur l'horreur d'un monde qu'il nous croit ignorer, mais dont nous sommes en vérité tous témoins sans pour autant réellement s'en soucier (ce qui est profondément humain et donc forcément politiquement incorrect). Mais le métrage de Cronenberg évite également l'écueil d'embrasser une perception totalement opposée, car il ne s'égare pas non plus dans le travers d'un cynisme jusqu’au-boutiste dont l'esthétique finement travaillée ne servirait qu'à masquer une insidieuse et irritante vacuité. Au contraire, sous l’apparat glacial de la raison et de ses interminables dialogues à la rigueur quasi-mathématique, Cosmopolis réussit à préserver le grondement sourd et viscéral d'un mal-être intestinal, tel un exéma brûlant et dévorant la peau de son personnage principal sous son costume hors de prix et trop propre sur lui.

"J'ai le cul qui gratte..."

Cronenberg déjoue même les pièges habituels du travail d'adaptation en usant d'un tour de passe-passe d'une étonnante simplicité mais d'une redoutable efficacité : Au lieu de trahir le texte et ses respirations/suffocations si particulières en le pliant aux impératifs narratifs du septième art ou, pire, de respecter ses derniers à la lettre sans tenter d'y ajouter ou soustraire quoique ce soit, selon la croyance naïve que la littérature reste le plus glorieux chantre de toute réalité, le réalisateur de La Mouche préfère insister, au moyen d'images magnifiquement lissées et d'une direction d'acteurs d'une perturbante sobriété, sur l'aspect irréel et fantastique du roman de Don Dellilo. Si certains réalisateurs français pensent encore que l'on parle dans la vie comme on le fait dans les livres et nous pondent alors des métrages aussi réalistes que des pubs pour du yaourt en restant persuadés de faire du bouleversant cinéma-vérité, Cosmopolis a de son côté le génie de forcer et exacerber sa moelle épinière littéraire au point de sortir du cadre qui aurait pu l'emprisonner. Nous nous retrouvons ainsi en face d'un subtil et envoûtant conte philosophique, où le brouhahas monocorde de dialogues à la complexité affirmée et l’enchainement millimétré d'évènements dont la nécessaire artificialité n'est jamais dissimulée, ne diminuent en rien l'intensité du message transmis mais, à l'inverse, nous projettent entièrement dans la sphère des idées, loin d'une quelconque matérialité en quête de vaine crédibilité. De plus, l'aspect futuriste de certains détails de ce New York aux allures de Babel incandescente (écrans high-tech, drogues fictives et armes à reconnaissance vocale) finissent de nous faire accepter la folie factice qui nous est montrée et donnent à l'ensemble du métrage une agréable atmosphère à la Blade Runner, ainsi qu'un petit air de réplicant aux divers personnages farfelus et inquiétants de cette fable philosophico-économique moderne.

"Vous me testez pour savoir si je suis un réplicant ou une lesbienne, monsieur Deckard ?"

Quant au discours du film en lui-même, quel est-il ? Je serais malheureusement bien arrogant de me croire capable de le résumer ici en quelques lignes... Je peux cependant vous dire que celui-ci est multiple et pluriel, complexe mais accessible, intelligent sans être pédant, et qu'il fera certainement passer tous les pamphlets anticapitalistes cinématographiques que vous auriez pu voir pour de stupides messages écrits au blanco sur le sac-à-dos Eastpak d'un ado fan de Manu Chao (ou de Zaz... triste époque). Cosmopolis est en effet l'un des rares films qui nous fait ressentir une profonde empathie pour le "méchant financier" de service, sans pour autant en faire un portrait bêtement aseptisé (c'est même tout l'inverse). Surtout, il balaie d'un revers de main les fausses interrogations et indignations faisant le pain béni de nombreux esprits bien-pensants et nourrissant goulûment les moutons brandisseurs de fourches et de torches à la recherche de coupables facilement identifiables, reléguant leurs bruyantes revendications au statut de simple "entartrage" public sans réelles conséquences. Car la vraie question, la vraie maladie du capitalisme, n'est pas dans les écarts hallucinants que ce mouvement, ce moteur, creuse progressivement et sûrement entre les riches et les pauvres (comme Eric Paker le dit, "nous sommes tous à dix secondes d'être riche"), mais dans la déshumanisation qu'il impose consciemment ou inconsciemment à l'ensemble de la société, une fois arrivé au paroxysme de son idéologie où tout, entièrement tout, devient marchandise. La recherche du profit à tout prix dépossède alors les hommes de leur individualité, n'en faisant plus qu'un ensemble de compétences sans empreintes, ces mêmes compétences étant dictées et calibrées par un système fermé et quantifié ne visant plus qu'une seule forme d'efficacité. Sans place attitrée, l'être humain ne devient plus qu'une donnée, un consommateur/producteur dépersonnalisé, un maillon d'une chaîne d'acier qui le retient lui-même prisonnier. Comme deux extrêmes se rejoignant pour former un cercle, la capitalisme en roue libre finit ainsi par se fondre dans son antagoniste, le communisme tant redouté dont il ne partage pas la nature mais bel et bien les symptômes : l'individu s'efface dans la société en ne devenant plus qu'une force de travail et un consommateur du travail d'autrui, à la fois cause et effet de sa propre société.

"En gros, c'est comme si je me tirais moi-même une balle dans la main"

Il n'y a donc aucun dragon à occire, aucun vilain banquier à rôtir ou encore moins de nouveau Jésus trader ou analyste financier à crucifier, pour enfin nous sauver de tous nos misérables et pathétiques péchés. Nous sommes tous responsables, nous jouons tous un rôle dans cette "cosmopolis" en forme d'anneau de Möbius. Comme la poule et l’œuf, nous ne saurons jamais si nous avons engendré cette société ou si c'est elle qui a fait de nous ce que l'on est. C'est peut-être pourquoi Eric Packer, même s'il est jeune, beau et riche à en crever, ne veut tout simplement plus jouer. Qu'il est l'un des rôles principaux, dans cette pièce sans queue ni tête qu'est le monde, n'y change rien. Même s'il ne fait pas partie de la masse de figurants caissiers, vendeurs, serveurs, secrétaires, employés de bureaux, fonctionnaires ou chômeurs qui élèvent des pancartes et se pressent autour de son arrogante limousine avançant péniblement dans les rues d'une Grosse Pomme complètement avariée, Eric Packer est aussi déshumanisé que la foule monstrueuse qui veut le dévorer ou cet inconnu qui essaye de le tuer et, quelque soit son rôle, non, il ne veut plus jouer. Robert Pattinson, avec son teint blafard et sa froide retenue se transformant en espièglerie infantile face au danger, incarne justement à la perfection cet acteur renonçant, cet ancien narcissique qui, face à son propre vide, cherche à retrouver son identité et sa liberté en essayant tant bien que mal d'ôter ce costume qui est en train de l'étouffer (belle ironie pour un ex-vampire que beaucoup croyaient déjà mort et enterré). Notons également la qualité de la photographie et des musiques choisies pour enrober la réalisation parfaitement maîtrisée de Cronenberg, et nous pouvons conclure en décrétant que ce Cosmopolis est, au final, ce que l'on peut sans risque appeler un sans-faute. Ce n'est pas vraiment le film auquel je m'attendais, mais bien plus en vérité : un éclair de lucidité illuminant dans une surprenante fulgurance la réalité-même de toute société. IT'S A KICK-ASS MOVIE, BABY !

"Merci, Deuz... T'es un mec bien..."                                          "Allez, viens faire câlin"        

Titre original : Cosmopolis
Réalisé par : David Cronenberg
Date de sortie française : 25 mai 2012

8 commentaires:

  1. Je suis entièrement d'accord avec vos propos du début. Le film est infiniment plus fin qu'une critique acerbe et facile du capitalisme. Il est d'ailleurs à ce titre beaucoup plus intéressant, recherché et nuancé que Margin Call (je m'égare mais pas tant j'espère).
    J'ai moins apprécié en revanche le recours nécessaire aux longs dialogues, comme si l'image, la mise en scène ne pouvait pas surpasser quelques explications.
    J'aurais aussi été curieux de connaître votre avis sur la scène avec Matthieu Almaric, qui me paraît peut-être mois facile à interpréter qu'on ne pourrait le penser de prime abord.

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    1. [Attention, spoiler] Pour la scène de l'entartrage, j'ai justement tendance à y voir une certaine critique de l'anticapitalisme de base, celui qui cherche à brûler les épouvantails plutôt que de trouver la vraie nature du problème qui est, à mon avis, profondément social (dans le sens "d'inhérent à toute société") et dont les dérives du capitalisme ne seraient qu'un symptôme, non la maladie. L'attitude du pâtissier joué par Almaric me semble confirmer cette idée : il est extrêmement fier de détailler son tableau de chasse des grandes fortunes du monde et se fait suivre par une équipe médiatique relayant constamment ses ridicules exploits. Sa motivation principale est donc une certaine forme de reconnaissance, il assume ainsi un rôle et le joue comme Eric Packer pouvait autrefois jouait le sien. Ce pâtissier s'intègre donc dans la société et le faux équilibre des forces imposé, plus qu'il ne pointe un réel malaise et tente de profondément bouleverser le satut quo qu'il dit cependant détester. L'agent de sécurité confirme ensuite que cet épisode n'était pas la "vraie" menace, qui reste quant à elle toujours présente, et le dialogue final rajoute une couche à ce niveau, lorsque Packer dit plus ou moins que "la violence ne peut-être motivée que par une cause réelle et profonde". En gros, l'anticapitalisme basique et superficiel se contente de lancer des tartes au visage des banquiers, alors que la révolte née de la terrible vacuité créée par la folie de notre société est capable d'amener "monsieur tout le monde" à devenir un véritable meurtrier. L'assassin de Packer ne joue d'ailleurs plus de rôle, car il a perdu celui-ci en même temps que son travail, et c'est justement en le perdant qu'il s'est rendu compte du vide qui l'habitait depuis toujours sous son costume, un vide universel le rendant aussi fou que tout ce qui l'entoure. Son acte, sa violence, est alors une tentative désespérée de combler ce vide, de retrouver un rôle. Mais en face, l'attitude auto-destructrice de Packer, se jetant tout bonnement dans les griffes du loup, relève d'une compréhension encore plus élevée : quelque soit le rôle interprété, on reste intérieurement vide à jamais.

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  2. J'avoue que de mon côté, je suis resté imperméable au film. Je vois bien tout ce qu'a voulu dire Cronenberg à travers lui, et il y a une certaine maestria visuelle, mais le film m'a semblé trop pénible pour que j'y adhère malheureusement.

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  3. Lol Ok sorry pour le troll, mais j'ai personnellement vraiment détesté ce film. En fait partout où tu écris "j'aurais pu voir ce film comme ça" ben moi c'est comme ça que je l'ai perçu ^^' Long, verbeux, chiant, arrogant, écrit avec les pieds, philosophie de comptoir, faussement complexe et faussement rebelle... Je m'attendais vraiment à un truc qui bouge, la bande annonce m'a, en ce sens, totalement arnaqué. De la folie, du scénario incompréhensible, j'avais rien contre, bien au contraire, du moment que j'avais un film qui bouge, qui soit intéressant à suivre...
    Putain ces dialogues aussi interminables que cons dans la voiture ("le futur a peur du présent car l'argent achète le passé mais la peur du futur transforme l'argent du passé en plaisir du présent qui bullshit l'univers blablabla masturbation intellectuelle et tuti quanti") m'ont fait piquer du nez une dizaine de fois (véridique).
    Le film reprend pour moi de l'intérêt dans le dernier quart (quand on sort enfin de cette putain de bagnole et qu'il commence à se passer des trucs justement !) mais reste désespérément enfermé dans son aspect je-suce-David-Lynch-mais-en-moins-bien ... Le dialogue final, la scène finale ne veut pas dire plus que tout le reste du film à mon sens. L'intensité se fait présente dans le dialogue (même si il faudrait que les persos apprennent à tirer bordel !), mais le sens est définitivement absent. Oui pour moi, ça se la raconte en faisant genre "si tu comprends pas c'est que t'es pas assez intelligent". Film américain financé par France 2... Ca aurait du me mettre la puce à l'oreille.
    A ranger aux côtés du Southland Tales de Kelly et de la scène finale de Matrix Reloaded (vive l'architecte !)
    Je comprends vraiment pas que t'ai pu aimer, même après avoir lu ta review < . <
    Mais bon, "chacun n'a pas ses goûts" XD
    LOVE

    bro :D

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  4. La bande annonce me plaisait bien, j’apprécie beaucoup Cronenberg et pourtant les critiques sont tellement mauvaises (61% ont mis 0 ou 1 étoiles contre seulement 17% de 4 ou 5 étoiles) que cela m'a refroidi. Même si je m'attends à un ovni façon Crash (que j'ai adoré), je vais plutôt attendre 9/12 mois qu'il passe sur Canal+ pour le regarder avec beaucoup de curiosité.

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  5. Enfin... enfin quelqu'un qui ne raconte pas d'inepties concernant ce film. Merci, ça fait plaisir à lire : tellement de journalistes encartés écrivent leur papelard en oubliant que, peut-être, l'oeuvre qu'ils critiquent est plus intelligente qu'eux-mêmes... que votre commentaire est d'une fraîcheur inégalée. :-)

    Juste, rajoutons quelques petites choses :

    Il y a beaucoup de dialogues dans Cosmopolis, et il semble que ce soit cela qui dérange nombre de spectateurs : paraîtrait que ce serait un film "verbeux". Or je n'y crois pas : ce qui dérange les spectateurs, c'est le contenu des dialogues, le fait que la plupart de ceux-ci traitent du rapport qu'entretiennent les dialoguistes entre eux, car ce rapport est presque toujours vu sous le prisme du pouvoir & de l'argent. Les dialogues servent dans ce film d'illustration de la puissance d'Eric Packer : tous ceux avec qui il dialogue de façon apparemment posée, il les possède, de ses jeunes confrères de start-up que l'on voit au début jusqu'à ses maîtresses ou son chef de la sécurité. Certes, Packer ne les possède pas comme un antique maître pouvait posséder des esclaves, mais il les possède parce qu'ils l'ont choisi comme maître moderne, ce qui passe par l'argent et la négociation constante qui accompagne ce dernier. En gros, il s'agit de la novlangue contemporaine que tout un chacun utilise dans ses rapports de travail & de business, où l'on donne à ses maîtres des gages de sa soumission tout en ayant l'air de ne pas le faire : d'où le fait de ne pas apprécier d'entendre et de voir ce genre de choses à l'écran quand on va voir un film pour se divertir...

    À l'inverse, toutes les fois où Eric Packer reste coi, se tait ou dit quelque chose qui paraît anodin, c'est quand il n'exerce aucun pouvoir réel sur son interlocuteur : donc avec sa femme, puis à la fin du film avec son coiffeur, son chauffeur, puis son présumé assassin. Sa femme ? Il ne peut l'obliger à rien, elle est son égale, est aussi riche que lui, et vit pour un autre motif que faire de l'argent : la poésie, inverse de la novlangue. Son coiffeur ? Un ancien ami de son père, peut-être même un père de substitution, qui va le coiffer, lui offrir le couvert et lui donner son arme, pour une raison basique : l'amour, opposé à l’argent. Son chauffeur ? Il est certes un de ses subordonnés, mais cette subordination ne va apparaître qu'à un seul moment : quand Eric lui donne une explication crédible pour sa blessure à l'oeil, comme un chasseur de tête corrige une erreur mineure sur le CV d'un candidat avant de l'envoyer à un recruteur potentiel. Son présumé assassin ? Il est une relecture moderne de Diogène de Sinope, qui en se disant citoyen de l'univers, forgea le concept du cosmopolite : ce qui signifiait être sans attache, sans appartenance sociale, sans allégeance à un roi ou une cité. Et qui vient débarquer dans sa tanière, sinon un nouvel Alexandre le Grand, homme le plus puissant de l'univers venant prendre une leçon auprès du philosophe le plus fou qui soit ? Digne représentant du cosmopolitisme de l'argent, affrontant l'inventeur du cosmopolitisme humain.

    Sauf que cela se finit mal, Diogène redisant à Alexandre "ôte-toi de mon soleil", d'une façon quelque peu plus vigoureuse... D’ailleurs on ne sait si Packer meurt, et c’est tant mieux : le film se finit ainsi dans une tension représentative d’un présent indéterminé et infini, alors que tout le voyage en limousine peut être vu comme un retour vers le passé (le coiffeur lié à son enfance, qui habite dans la partie vieillotte de la ville) effectué par un homme dont le métier est de forger et forcer le futur.

    So, long live the new flesh !

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  6. Je suis tout à fait d'accord avec toi Sorgue, ce film est particulièrement jubilatoire car il n'offre pas d'explications toutes faites, les dialogues sont abscons, on a du mal a les comprendre. Dans le même lieu et dans le même univers la limousine se déplace dans un silence galactique, les amateurs de cinéma d'action aimeraient que tout cela accélère, et bien au contraire la voiture ralentit, s'arrete, baisse la vitre pour laisser entrer les bruits d'une ville moderne où les gens s'affrontent dans la quête de richesses synonymes de pouvoir et de survie. La preuve qu'il s'agit d'un grand film est que l'on se sent transporté sans savoir vers quoi l'on va, mais une fois celui-ci terminé on ne cesse d'y repenser afin de décoder les scènes qui au premier abord peuvent se montrer austère, car le jeu des acteurs est volontairement froid, mais qui sont le reflet d'une très bonne direction d'acteurs. Du grand cinoche qui nécessite un peu d'efforts pour se révéler, et toujours quelques scènes magistralement vues par un des maîtres actuels du 7ème art.

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