17 juin 2012

Blanche-Neige et le Chasseur


- Miroir, mon beau miroir, dis-moi qui est le blogueur le plus beau, le plus sage, le plus drôle et le plus humble de toute la blogosphère ?
- Ô sublime et sculptural Deuz au corps d'athlète saillant et au sourire d'ange bienveillant, grand charmeur des sens et lumière immaculée pour les innombrables esprits égarés de nos terres désolées, vous êtes à n'en pas douter le plus sexy motherfucka des immenses contrées de l'internet obscur et oublié ! Votre plume habile et gracieuse n'a d'égal que l'immense justesse de votre regard critique passionné et aiguisé, dont le grandiose Kick-Ass Movies est le resplendissant et divin réceptacle, inondant de joie et de gaieté la froide et cynique humanité ! Chaque instant de mon insignifiante existence, je remercie le ciel de pouvoir de la sorte admirer votre beauté, tout en maudissant les enfers de m'avoir fait miroir et non femme, que vous auriez alors pu aimer, embrasser et enlacer de vos bras musclés pour la plus douce des éternités !
- Triste sort, en effet. Et si je ne peux y remédier, je peux néanmoins éclairer cette sombre réalité par ma prose avisée. Écoute, miroir ! Voici, de Blanche-Neige et le Chasseur, ce que ton bon Roi a pensé !

"Miroir, mon beau miroir, qui est la plus bonne MILF du Royaume ?"                                     "It's you, baby !"                        

Eh ben, j'ai trouvé ça vachement sympa ! Pour commencer, le long-métrage de Rupert Sanders est d'une étonnante beauté et d'une surprenante maîtrise technique, surtout lorsqu'on sait qu'il s’agit du premier essai sur grand écran de cet ancien réalisateur de publicités. Et même si l'on ne peut parfois s'empêcher, à la vue de certaines images peut-être trop lisses et travaillées, d'imaginer un court instant que Blanche-Neige va subitement nous présenter le nouveau parfum d'une grande marque de luxe ou nous vanter les mérites d'un shampoing révolutionnaire menant une guerre sans merci aux pointes sèches et aux cheveux cassants, on ne peut finalement que reconnaître la saisissante qualité visuelle de l'ensemble et rester subjugué par le merveilleux spectacle qui nous est ici présenté. J'ai d'ailleurs été tout particulièrement impressionné par la découverte de la forêt noire (miam !), puis celle du sanctuaire des fées, dont l'exposition dans une succession de plans somptueux et un montage vraiment intelligent (ni mou du genou ni frénétique) m'a complètement immergé dans cet univers aussi mature que féérique.

Love is all !

C'est d'ailleurs, à mon avis, le point fort de cette adaptation du célèbre conte des frères Grimm qui, malgré ses nombreuses influences et emprunts à différents genres en surface, conserve tout du long une ambiance réellement unique, lente et vaporeuse, insaisissable et magique, rattachant le film de manière plus profonde et première au domaine de la pure fantaisie. Blanche-Neige et le Chasseur n'est donc pas un sous-Seigneur des Anneaux (même si les fans de la saga tiqueront sur certains plans semblant tout droit sortis du premier volet), ce n'est pas non plus un sous-Braveheart (même si ont a droit au sempiternel discours de motivation des troupes avant la bataille finale), ni même un sous-Princesse Monomoke (même si j'ai failli m'étrangler avec mon pop-corn en découvrant un plagiat presque digne du fameux viol bestial du Roi Léo de Tezuka par le Roi Lion de Disney), mais bel et bien une fable classique et merveilleuse, dans un magnifique écrin nous apparaissant alors comme une humble et délicate déclaration d'amour à une certaine forme de cinéma et ses plus grands représentants. Dans ce sens, en s'attardant sur l'impression générale qui en ressort au lieu de résumer bêtement le film à une succession de détails n'étant en fait qu'une poignée de clins d’œil conscients et affirmés, cette jolie aventure fantastique rappellera certainement aux grands enfants que nous sommes les délaissés Legend ou L'Histoire sans fin, plutôt que les œuvres précitées. Ce qui est loin d'être un mal, dans ces temps ombrageux où le cynisme est malheureusement roi.

                                                                   "Totoro, c'est toi, mon gros ?"                                     "Me touche pas, bigleuse !" 

Pour finir, notons l'excellence de la musique qui accompagne parfaitement les passages oniriques, dramatiques ou épiques de l'histoire, et les très bonnes prestations des trois acteurs principaux : Charlize Theron est splendide, comme d'habitude, et nous transmet avec aisance toute la rage, la tristesse et la folie de son personnage de Reine démoniaque aussi damnée que ses propres victimes ; Chris Hemsworth dégage un sacré charisme, en tant que chasseur aussi badass que beau gosse, et fait montre d'une grande justesse, notamment lors d'une scène au romantisme à la fois puissant et finement mesuré ; et Kristen Stewart incarne à merveille une Blanche-Neige à la beauté innocente et au cœur courageux, véritable figure christique et représentation idéalisée du Bien avec un grand B, comme seuls les contes savent les créer. Et pour faire taire les mauvaises langues (qui auraient déjà dû la fermer après sa transformation réussie en Joan Jett dans le très bon The Runaways), ajoutons d'ailleurs que celle-ci arrive à faire passer énormément d'émotion avec très peu de mots (ce que favorise un script adroitement peu verbeux), comme lors de sa réplique finale à l'égard de sa terrifiante belle-mère, mêlant naturellement juste fermeté et réelle empathie, ou durant un discours guerrier agréablement plus court et moins artificiel qu'à l'accoutumée, car très finement porté par la force indéniable d'une scène de baiser et de réveil des plus maîtrisée. Quant à ceux qui continueraient de reprocher à la jeune actrice une soi-disant apathie et son éternelle bouche entrouverte qui semble tant en agacer, je rétorquerai qu'une Blanche-Neige hystérique ou trop enjouée desservirait grandement ce personnage iconique au charme désuet, et que personnellement, je trouve juste Kristen belle à croquer !

"Eat me !"

En conclusion, Blanche-Neige et le Chasseur n'est peut-être pas le film de l'année, mais c'est véritablement un beau voyage pour lequel je vous conseille vivement d'embarquer. Évidemment, certains d'entre vous pesteront certainement contre un léger manque d'originalité, des références trop ouvertement affichées ou le rythme volontairement lent auquel l'histoire est développée ; ces mêmes personnes râleront même à cause de leurs précieux deniers ainsi gaspillés, alors qu'il ne voulaient les dépenser que pour voir les trois films les plus marquants de l'année (la carte "cinéma illimité", vous connaissez ?) ; mais d'autres spectateurs, ceux qui ne croient pas tout connaître et n'ont pas de violentes crises d'urticaire dès qu'ils voient un film qui n'est pas absolument parfait, seront sûrement on ne peut plus ravis de se laisser ainsi transporter vers un pays imaginaire peuplé de nains, de trolls, de princesses et de fées, leur rappelant leur tendre enfance et la douce naïveté qui les habitait à cette époque où il était bon et normal de rêver. Bien à vous, fidèles sujets, votre Roi a parlé.

"Geronimo ! Mort au cynisme ambiant, mes braves !"

Titre original : Snow White and the Huntsman
Réalisé par : Rupert Sanders
Date de sortie française : 13 juin 2012

6 commentaires:

  1. Merci pour cette critique de film bien plus intéressante que celle des inrocks!

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  2. Merci pour cette critique bien plus aboutie que celle des inrocks!
    J'ai également halluciné en voyant le Dieu Cerf tout droit sortie de Princesse Mononoké ou encore la Reine dégoulinante de plume de corbeau à la manière de Hauru dans le château ambulant.
    Cependant ces références "Miyazakesque" bien que plagiant des oeuvres pour moi intouchables, donne encore plus de beauté au film.
    L'esprit Grimm est je trouve conservé est finalement ce film m'a bien plus!

    BenieB

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  3. merci pour cette critique.j'ai trouvé que ce film étais super; excellent pour passer de l'enfance a l'adolescence. Ils ont réussi à me faire aimer blanche-Neige

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  4. Bonne critique.
    Je suis sensiblement du même avis:la sauce hollywoodienne ,apporté à ce conte, a ici plutôt bon gout!N'en déplaise à certain enfermé dans leur cliché du capitaliste pervertissant tout ce qu'il touche.
    Par contre juste une remarque,la symbolique du cerf à la ramure imposante en esprit de la foret/de la vie est très présent dans la littérature et la mythologie "européenne",Myazaki n'a rien inventer le terme plagiat est donc peu approprié.

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